18 octobre 2006
J'ai testé pour vous: le marché de Tcherkizovskaya
La température ambiante baissant inexorablement, je me suis enfin décidée à partir à la recherche d'un vêtement qui m'offrirait une poilitude de taille à affronter le froid. Dans cette optique, j'ai questionné mon entourage sur l'emplacement de la caverne d'Ali Baba dans laquelle je pourrais trouver de quoi subvenir à mes besoins thermo-poilus. On m'a indiqué à plusieurs reprises le marché (rinok en russe) qui se trouve près de la station de métro Tcherkizovskaya. J'ai donc sollicité une nouvelle fois mes informateurs pour quérir de plus amples renseignements au sujet de l'endroit exact de ce fameux marché. Ils m'ont simplement suggéré de "suivre les gens". J'avoue avoir été un peu surprise de cette indication qui sonnait comme un indice à la Harry Potter.
Une fois sur place, effectivement, il suffisait de suivre le mouvant serpentin humain formé par les multiples acheteurs potentiels se rendant sur le marché. Je me suis donc insérée dans la file des personnes aux mains vides, croisant au fur et à mesure une quantité incroyable d'individus de tous âges, les bras chargés de paquets ou de sacs volumineux. Selon toute apparence, j'étais bien au bon endroit.
Après une dizaine de minutes de reptation au sein de cette marée humaine, je suis arrivée devant une sorte d'immense entrepôt sillonné par maintes allées, elles-mêmes composées d'innombrables stands. Dire que ce complexe est immense est peu dire car en réalité, il est vraiment gigantesque mais je ne peux malheureusement pas vous donner d'éléments photographiques pour appuyer mes dires. En effet, les photos sont strictement interdites là-bas pour la simple et bonne raison que les marchands n'apprécient pas vraiment qu'on immortalise leurs sacs Vuitton à 10 euros ou leurs chaussures Adidas à 15 euros. Cependant, comme je dois retourner là-bas ce vendredi, j'essaierai de prendre en photo au moins l'extérieur des bâtiments.
En dehors des contrefaçons (d'ailleurs, plutôt bien réussies), on peut trouver à cet endroit un large éventail de manteaux (laine et fourrure essentiellement), chaussures, gants, bonnets, écharpes, pulls... En fait, il est assez bizarre d'observer que les contrefaçons à bas prix côtoient des articles de luxe comme les manteaux de fourrure (dont les prix sont grossièrement compris entre 200 et 2600 euros). Cela étant dit, il est également possible de trouver des articles de bonne qualité pour un prix légèrement inférieur aux prix français.
Je ne peux pas faire un article sur ce
marché sans vous expliquer comment se déroule la vente:
Vous effectuez d'abord un premier tour lors duquel vous vous faites interpeller
par les vendeurs les plus entreprenants: "Dievouchka (sens premier:
"jeune fille" mais fonctionne pour héler des "jeunes filles" d'un âge
avancé. De l'ordre de la cinquantaine bien pesée :D), manteaux pas
chers, grande collection". Après ce repérage, vous
regardez de plus près les articles et modèles vendus dans chaque stand
puis, point important, vous jaugez le vendeur.
Quand enfin vous vous lancez sans filet dans l'arène d'un stand, le marchand vous fait essayer l'article choisi tout en parlant volubilement. D'ailleurs, dans un sens, ils sont beaucoup plus diplomates que les commerçants français parce que même si vous ressemblez à un sac à patates, ils vous couvriront d'une sauce dégoulinante de flatteries éhontées. Donc, pendant que vous composez un faciès consentant, hésitant ou désapprobateur, vous prêtez une oreille plus ou moins attentive aux flagorneries que débite le vendeur: "Comme vous êtes belle dans ce manteau, comme vous êtes jolie, la coupe vous va à ravir, etc".
Vous êtes tombé(e) amoureu(se)x de l'article de vos rêves, vous pouvez maintenant accéder au niveau supérieur: le marchandage (ou pour les timides, passer directement à la case paiement). En général, une fois que le marchand a annoncé son prix, si votre instinct vous a poussé vers quelqu'un de suffisamment sympathique, vous avez une petite marge de manoeuvre pour faire baisser le prix de l'objet de votre convoitise. Le principe du marchandage est le même que partout sauf que là, il se fait en russe donc vous devrez réviser comment dire vos nombres :).
Le marchandage semble faire partie du
jeu et il occasionne parfois du marchandage de principe (pour 10
roubles, soit 30 cts). J'ai trouvé ce côté vraiment sympathique parce
que même si vous vous êtes fait arnaquer sans le savoir,
vous avez le coeur content et l'impression d'avoir gagné. Enfin, au
sujet de l'arnaque, je suis mauvaise langue parce que je ne pense pas
m'être fait pigeonner comme le pensent tous ces glands d'étrangers qui n'y connaissent rien. Non, allez, j'arrête mes perfidies :).
Dernier aspect de la vente ou du simple essayage, j'ai l'impression que les marchands n'ont pas vraiment l'habitude de voir des étrangers donc ils se montrent assez curieux et sympathiques, ce qui amplifie encore la sensation de cordialité ressentie lors de ce plongeon dans l'univers des marchés.
Bon, enfin, voilà, bilan des courses: je suis revenue avec un long manteau que j'ai finalement pris en laine vu le prix du poil (fruit du marchandage: -10 €), des bottes fourrées (fruit du marchandage: -15 €), un chapeau en laine et une écharpe (fruit du marchandage: -4 €) et une paire de gants en cachemire.
Pour couronner le tout, cette crise d'achat compulsif s'est déroulée sous un ciel tout bleu et un soleil éclatant, éléments naturels que je n'avais pas vus depuis des jours, ça fait plaisir.
En conclusion, c'était rigolo, sympathique, enrichissant et chaleureux malgré la température négative. Mon portefeuille va mettre quelques temps à s'en remettre mais je être contente :).
11 octobre 2006
La France vue par les Russes
Nous nous construisons tous une image de certains autres pays à base de clichés et de croyances, ce qui fait que notre vision des choses est souvent un peu erronée. Voir quelle image ont les étrangers de son propre pays peut être assez cocasse, j'ai donc pensé que ça serait intéressant de vous résumer l'image que les Russes se font de la France.
Géographie
Paris est la capitale du désert
Langue française
Phrase-choc

Cinéma
Littérature
Pierre
Richard
Honoré
de Balzac

Musique
Cuisine
Joe
Dassin
Le croissant

Voilà en gros ce que les Russes connaissent de la France.
Ah oui, et au sujet de notre caractère, ils sont persuadés que les Français sont les plus romantiques du monde. Je crois qu'ils vont être déçus :).
08 octobre 2006
En avant-première: La rue Tverskaya, Les berges de la Moskova (épisode 2) et La Porte de la Résurrection (suite et fin)
Ce soir sur Canal Cayou, un documentaire sur la ville de Moscou. Notre envoyée spéciale sur place vous fera visiter la rue Tverskaya puis les berges de la Moskova (du complexe olympique jusqu'au Pont Novoandreievski) et finira par un petit tour sur l'esplanade s'étendant devant le Bolchoï.
Information de dernière minute: suite à la grève impromptue de nos caméramen et ingénieurs du son, le reportage ne sera que photographique et écrit.
Mes chers téléspectateurs, pour votre plus grand plaisir, j'ai une nouvelle fois quitté ma tanière afin de pouvoir vous conter la vie moscovite. J'aime autant vous prévenir que mon périple était assez long donc la description le sera également.
Moscou - 15:26. Je repasse par le marché non loin de la station Baumanskaya, me pâmant devant de minuscules pommes à l'appétissante teinte rouge et jaune pâle, m'emplissant les narines des fumets de poissons séchés ou fumés, observant avec amusement de jeunes gens choisir leur pastèque qu'un homme incroyablement sale sort de la benne d'un camion et regardant avec curiosité les couvre-chefs en feuilles mortes dont se sont coiffés les marchands en l'honneur de l'automne qui commence.
Moscou - 15:29. Après avoir croisé une troupe d'une vingtaine de jeunes hommes en uniforme, une distributrice de tracts avec une perruque bleue, un homme déguisé en sumo et une demi-douzaine de babouchki, je pousse les lourdes portes de la station de métro. Le courant d'air perpétuel qui s'y forme fait virevolter mon titre de transport mais une jeune fille avec un manteau à motif peau de serpent le rattrape au vol et me le rend avec un sourire.
Moscou - 15:51. Je touche le nez du chien porte-bonheur de la station Plodchad Revolutsii (un bout de chance est toujours bon à prendre) et je sors du métro, accueillie par les notes tonitruantes d'un trompettiste alcoolisé (comme en témoignent les diverses bouteilles de bière à ses pieds) qui joue une mélodie approximative sur une bande sonore qui fait un peu penser au son d'un électrophone. Je me dirige vers le TEMNI (Truc En Métal Non Identifié) de la veille pour élucider son énigme.
Moscou - 15:54. Je repasse devant les singes et les rapaces qui sont encore là puis je résouds le mystère de la plaque: c'est le point zéro. J'offre une séance photo aux babouchki et diedouchki (grands-mères et grands-pères) qui ramassent les pièces lancées par les gens quand ils font leurs voeux.
Moscou - 15:57. La musique religieuse de la veille se fait à nouveau entendre et j'aperçois un pope (ou un moine ?), homme barbu et immobile, vêtu et coiffé de noir, qui est assis sur les marches de ce que j'identifierai plus tard comme étant la Chapelle de la Vierge d'Ibérie. Il tient à la main une sorte de boîte de conserve avec une poignée et un couvercle fendu (j'ignore le nom de cet objet, pardonnez-moi si j'hérétise) qu'il agite pour faire tinter les pièces qui s'y trouvent.
Moscou - 15:58. Je m'avance pour passer sous l'une des arches de la
Porte de la Résurrection et y croise cette fois une soeur, elle-aussi
habillée et coiffée de noir, qui porte autour du cou une sorte de boîte
à lettre en bois. Une icône est scotchée dessus et la fente se trouve
sur le haut de la boîte. La religieuse remue légèrement la boîte pour
faire sonner les pièces à l'intérieur.
Je continue mon chemin et arrive
sur la Place Rouge. A ma droite, une trentaine de jeunes hommes en
uniforme kaki posent pour une photo mais le temps que je dégaine mon
propre appareil, ils ont défait leur formation. Je les prends néanmoins
en photo.
Je
fais encore quelques pas avant de remarquer un homme en
uniforme rouge qui fait les 100 pas devant l'entrée du Musée
d'Histoire, surmontée d'un aigle bicéphale doré. J'immortalise le
moment et
m'avance vers la Place. Malheureusement (ou heureusement), des
barrières empêchent les gens de passer à partir du Goum et chose rare,
la Place Rouge est totalement déserte. J'en profite pour prendre
quelques clichés (voir l'album-photo intitulé "Place Rouge" pour ces
derniers et celui de l'homme en rouge).
Moscou - 16:04. Je fais demi-tour, repasse sous la Porte de la Résurrection puis m'attarde encore quelques moments pour prendre en photo quelques détails de la Porte qui m'avaient échappés. Mais avant de commencer à faire la mise au point sur les particularités portuaires (oui je sais, c'est l'adjectif du port et non de la porte mais j'essayais de vous dispenser d'une répétition de plus), mon regard se détourne vers l'intérieur brillant et lumineux du cube bleu turquoise qui se trouve entre les deux arches portuaires (:-P). C'est à ce moment-là que je comprends tout: les popes, les soeurs, la musique... J'ai dû passer une bonne dizaine de fois devant cette Chapelle de la Vierge d'Ibérie et je ne l'ai jamais remarquée. Mais vous le savez aussi bien que moi, on peut passer tous les jours devant quelque chose, on ne prendra pas conscience qu'il est là si on ne fait que le voir alors qu'il faudrait le regarder.
Moscou - 16:05. Je décide de retourner dans le jardin Alexandrovski à deux pas de là pour reprendre en photo les gardes de la Tombe du Soldat Inconnu dont j'avais passablement loupé les clichés la veille. En chemin, j'observe la foule sur la Place du Manège, des hommes-sosies (de Lénine, Poutine ou Marx) et une babouchka qui vend des reproductions d'églises en allumettes.
Moscou - 16:09. Me revoilà devant la
Tombe du Soldat Inconnu et sa "garde d'honneur" (réinstallée par Boris
Eltsine en 1997). En y regardant de plus près, je vois que les gardes
ont au plus une vingtaine d'années. Je m'attarde un peu et j'assiste à
l'inspection des deux soldats par celui qui doit être leur supérieur.
Ce dernier marche d'une façon bizarre en levant le pied au niveau de la
poitrine. Je suis un peu mal à l'aise de voir cette manoeuvre qui me
paraît franchement glauque.
Le supérieur se place en face du garde
et tire sur sa veste puis passe les bras autour de sa taille pour
remettre je-ne-sais-quoi en place (alors qu'à mes yeux de civile, tout
semble parfaitement en ordre mais enfin). Le jeune garde n'a pas
l'air très réjoui de la manoeuvre. Ayant saisi le visage de l'un des
trois jeunes hommes, je regarde cette figure qui semble à peine se
remettre de son acné juvénile, les yeux très bleus braqué vers le
lointain qui doivent souffrir du soleil en pleine face et le crâne
quasiment rasé. Je me détourne de ce spectacle que je n'apprécie guère
pour continuer mon chemin.
Moscou - 16:12. J'aperçois un obélisque érigé en face de la deuxième Tour de l'Arsenal et lit dans l'un de mes guides touristiques que cette colonne de pierre a été construite en 1913 pour célébrer les 300 ans de la dynastie Romanov. En 1918, l'aigle impérial a été ôté et les noms des Romanov on été effacés et remplacés par ceux de penseurs révolutionnaires comme Karl Marx ou Friedrich Engels. Je me balade encore un moment dans le jardin Alexandrovski puis retourne sur la Place du Manège où je croise l'une des nombreuses marchandes de jouets ambulantes qui proposent les trois types de jeu qui semblent faire fureur en ce moment à Moscou: le pistolet à produire des bulles de savon qui émet également un bruit désagréable, le soldat qui rampe tout seul et tire en faisant le bruit du pistolet à amorces de notre enfance et de petites étincelles au bout de son fusil puis le troisième: d'affreux petits animaux en peluche qui se déplacent en produisant des sons étranges. A côté de ces marchandes et à deux pas du Ritz de Moscou, un homme fouille les poubelles pour en sortir les cannettes qui doivent se vendre quelque part puisque ce genre de scène est assez courante.
Moscou - 16:37. Ayant un urgent besoin de mictionner, je prends mon âme de reporter à deux mains et je teste pour vous les toilettes à la russe. En fait, ce sont des toilettes de chantier (en plastique) qui émettent des miasmes pestilentiels et dont la porte de la cabine en plastique ne ferme pas à clé. Je m'acquitte auprès de la préposée de la somme de 10 roubles qui m'est demandée pour me soulager puis entre dans les gogues en toute discrétion (les cabines sont sur une place pleine de monde et il se trouve que par dessus le marché, il y a aujourd'hui des caméras de télévision non loin). Cela étant dit, tout le monde se fout que vous sortiez de ces wc de luxe et personne ne vous remarque. Voilà. Et il y a même du papier. :)
Moscou - 16:41. Je me dirige ensuite vers la rue Tverskaya (qui date du XIVème siècle et qui est l'ancienne route de Tver, une grande ville commerçante). Elle mesure 2,5 km de long donc je ne compte pas la parcourir complètement et je pense m'arrêter à la hauteur de la statue du Prince Youri Dolgorouki, l'homme qui a fondé Moscou en 1147.
Moscou - 16:49. Comme mon ventre crie famine depuis la pomme ingurgitée à mon réveil matinal, vers 11h30, je m'arrête en chemin pour déguster une krochka-kartochka (grosse patate cuite dans de l'aluminium, coupée en deux et fourrée avec tout ce qu'on veut comme par exemple champignons à la crème, lards et oignons frits, allumettes de jambon aux petits pois et cornichons, sauce à l'aneth, chair de crabe, etc) et boire du kvas (bière de pain faiblement alcoolisée). Le tout se mange debout sur des tables grandes comme un plateau de serveur et qui sont tellement hautes sur pied qu'elles m'arrivent juste en dessous des épaules.
Moscou - 17:03. Une fois rassasiée, je me remets en route et passe devant 3 ados qui jouent du Nirvana (Nevermind pour les connaisseurs). Je les filme un instant et reprends ma marche.
Moscou - 17:05. Je longe ensuite un théâtre, la galerie Samsung, un énorme thermomètre créé pour célèbrer les 800 ans de Moscou et un bâtiment imposant dont une plaque apposée sur sa façade m'apprend que Lénine a pris la parole 4 fois (en 1918 et 1919) depuis le balcon de l'édifice. En face se tient l'énorme statue de Youri Dolgorouki. Je cherche un petit moment un passage souterrain pour traverser la rue Tverskaya et me retrouve au pied de la statue.
Moscou - 17:17. Je photographie la statue du fondateur de Moscou sous toutes les coutures, y compris, vu qu'il est représenté sur son cheval, les parties génitales de sa monture pour voir jusqu'où les sculpteurs ont poussé le réalisme. Je peux donc affirmer que le destrier de ce prince était un étalon (:-P). Je prends ensuite des clichés du bâtiment que j'ai cité juste avant, ainsi que la balcon d'où Lénine prit la parole.
Moscou - 17:23. Je continue encore un peu à remonter la rue Tverskaya et tombe sur une rue transversale qui abrite un casino et une boîte gay (si on en croit les affiches placardées sur le mur attenant). Deux pas plus loin, je trouve un boufiet (un self-sevrice) de la chaîne Sbaro qui se vante de faire de la nourriture italienne mais où l'on mange des pizzas américaines en écoutant la radio française. Les Russes ont le sens de l'authenticité. :)
Moscou - 17:30. J'arrive sur la place Pouchkine sur laquelle trône
une statue de l'écrivain. Au pied du monument, des gens ont déposé des
fleurs. Sur la Place Pouchkine qui s'étend derrière cette statue, on
peut voir un cinéma et une fontaine sur laquelle j'immortalise une
jeune fille avec un manteau jaune, des couettes, des feuilles mortes
dans une main et un parapluie dans l'autre. Malheureusement, je ne prends
que deux photos d'elle et la seule qui soit nette est celle sur
laquelle elle fait la moue. Enfin, c'est pas la fin du monde non plus.
En retournant vers la station de métro
Pouchkinskaya (voir les photos dans l'album-photo "Le métro moscovite"),
je croise un bâtiment clinquant bourré de lumières de toutes les
couleurs et de videurs mais un peu plus loin, une Rolls-Royce est
exposée dans un sarcophage de verre donc j'imagine qu'il doit
s'agir d'un casino ou de quelque chose dans ce genre (PS: après examen
des épreuves photographiques, il s'avère qu'il s'agit bien d'un casino
appelé le Shangrillah).
Moscou - 17:40. La nuit commence à tomber et je veux absolument aller faire des photos d'un endroit sur les berges de la Moskova. J'y étais déjà allée deux fois mais manque de chance, je n'avais pas amené mon appareil ces fois-là. Je me mets donc en route et reprends le métro à Pouchkinskaya (où, quand je passe, une femme chante d'une très belle voix une chanson russe traditionnelle) jusqu'à Kouznetski Most puis je descends par erreur à Sportinvnaya (une station avant Borobiovi Gori, celle à laquelle je comptais m'arrêter). J'en profite donc pour faire quelques clichés de la station entre deux rames de métro.
Moscou - 18:04. Borobiovi Gori est, je le précise, une station qui n'est pas souterraine. Ses façades sont vitrées et elle se trouve au dessus de la Moskova. Il y a donc une vue assez sympathique. Là, un magnifique lever de Lune m'attend. L'astre est énorme et a une couleur rouge intense. Je me précipite donc à l'extérieur de la station (qui est l'une des rares où il faille descendre pour sortir) pour essayer de prendre une photo de cette Lune exceptionnelle dont je sais par expérience des clichés lunaires qu'elle ne restera pas longtemps ainsi. Manque de chance, à la sortie de la station, il y a un parc plein d'arbres. Arbres qui sont hauts et qui masquent presque complètement la vue. Je me débrouille quand même pour prendre quelques photos en me tortillant entre les barreaux de la grille qui condamne l'entrée du parc, le tout sous l'oeil amusé des deux agents de sécurité qui se trouvent non loin de là.
Moscou - 18:13. Je décide de contourner le parc pour rejoindre les
bords de la Moskova, inaccessibles à cet endroit. Je passe devant le
complexe olympique où j'ai assisté en septembre dernier au Championnat
d'Europe de GRS puis j'arrive enfin devant un paysage plutôt
intéressant dont je prends une centaine quelques
photos. En fait, depuis cet endroit, on a une vue sur une petite église
construite devant un gros bâtiment très moche (il est surmonté par une
structure métallique censée représenter un cerveau, enfin, vous jugerez
par vous même quand je mettrai les photos en ligne) qui est, je crois,
l'Académie des Sciences (en fait, je n'en suis pas sûre du
tout). On a aussi la vue d'un côté sur l'un des 7 gratte-ciels
staliniens et de l'autre côté sur le pont Novoandreievski tout illuminé
la nuit. Je vais ensuite jusqu'au Pont, je monte dessus
prendre en photo une toile d'araignée que j'ai remarquée la fois
précédente puis je me mets en quête d'une station de métro.
Moscou - 18:56. Je commence à remonter la très très très longue rue Khamovnitcheski à la recherche de la station Sportinaya censée se trouver dans le coin.
Moscou - 19:16. Je n'ai toujours pas trouvé la station de métro et il faut que je traverse une route à 6 voies (le trottoir s'arrête là) qui ne comporte pas de passage souterrain où j'ai vu la minute d'avant deux Porsche Carrera qui faisaient vraisemblablement la course griller le feu rouge. Est-ce que je dois commencer à paniquer ?
Moscou - 19:17. Je me tâte: traverse ou pas ?
Moscou - 19:18. J'ai traversé en courant et je suis en un seul morceau. Tout va bien.
Moscou - 19:20. Je passe devant une Poste, ça tombe bien, il me faut des timbres (Les Postes sont souvent ouvertes tous les jours de 8h à 21h et il n'y a pas la queue. Que La Poste Française vienne prendre exemple là-dessus ! :D). La minuscule préposée moustachue avec des lunettes de myope qui lui font des yeux énormes, mais très gentille et très patiente au demeurant, m'informe que le tarif pour les lettres envoyées en France est de 20 roubles par lettre (0,59 €). Malheureusement pour moi, il n'y a plus de timbres de 10 roubles. Je me retrouve donc avec 60 timbres de 6 roubles et 20 timbres de 2 roubles (j'avais demandé de quoi envoyer 20 lettres). Huhuhu.
Moscou - 19:28. J'ai enfin trouvé la station de métro !
Moscou - 19:41. Je m'arrête à Bibliateka imeni Lenina pour acheter un truc à manger pour ce soir mais je me trompe de sortie et me retrouve devant Borovitskaya. Qu'importe, je fais un bout de chemin à pied et en profite pour prendre nuitamment en photo le Manège, la Douma, l'esplanade devant le Bolchoï, l'hôtel Metropol surplombé par la pleine lune puis au retour, un clocher juste au dessus de Plodchad Revolutsii.
Moscou - 20:20. J'ai trouvé le datski hot-dog (hot-dog aux oignons
frits et aux rondelles de gros cornichons marinés) de mes rêves près de
Dietski Mir. Je me décide à rentrer et manque de me casser la figure en
descendant d'un trottoir à cause de mes gambettes fatiguées. Une dame
d'un certain âge me rattrape de justesse. Alors qu'on ne vienne pas me
dire que les Russes sont toujours des rustres ! :)
Moscou - 20:38. J'ai encore rempli mon appareil photo et je m'asseois avec le coeur satisfait sur les banquettes en vrai simili-cuir du métro, direction la maison.
Fin du reportage et bientôt en ligne pour vos beaux yeux: les photos de cette épopée fantastique.
Cayou - votre dévouée reporter à Moscou.
Edit: les photos de cette balade sont disponibles ici.
Sur les bords de la Moskova - complément d'enquête
Je vous avais parlé hier d'un truc en métal incrusté dans le sol devant la Porte de la Résurrection et j'avais failli dire que ça ressemblait au point zéro qui se trouve devant Notre-Dame-de-Paris, mais de peur de faire une énorme boulette, je n'avais pas osé la comparaison.
Ne
supportant pas de rester dans l'ignorance, je suis retournée pour voir
de plus près
l'objet mystérieux. Après traduction approximative des
inscriptions présentes sur la chose, il s'avère que c'est le point zéro
russe (il y est écrit: "Kilomètre zéro des voies automobiles de la
Fédération de Russie"). Voilà, le mystère est éclairci.
Les coutumes liées à ce point zéro semblent être assez diverses. Je vous avais parlé des mariés qui prenaient la pose dessus et des gens qui faisaient un voeu en lançant une pièce par-dessus leur épaule. Quand je suis retournée sur les lieux, il y avait aussi un attroupement de grands-pères et de grands-mères qui attendaient pour ramasser les pièces. Apparemment, ça fait partie du folklore...
J'avais aussi évoqué un homme resté figé 5 bonnes minutes au son d'une musique qui me semblait être religieuse. Après complément d'enquête, votre détective est en mesure de vous annoncer que la musique était bien religieuse et que l'homme devait bien être en train de prier parce qu'en fait, il y a une minuscule Chapelle (la Chapelle de la Vierge d'Ibérie) abritée par la Porte de la Résurrection. Elle est entourée de popes (ou des moines, je ne sais pas trop faire la différence) et de bonnes soeurs qui font la quête.
Vous pourrez voir tout ça dans les albums-photo retraçant mes balades des 6 et 7 octobre, bientôt en ligne. Pour les clichés du Kremlin en lui-même, j'ai choisi de les mettre dans un album-photo séparé mais je pense que vous arriverez à vous y retrouver. :)
07 octobre 2006
Sur les bords de la Moskova...
Mon objectif premier était de retourner me promener sur la Place Rouge mais manque de chance, l'accès y était interdit aujourd'hui, j'ignore pourquoi mais la horde d'uniformes me dissuada de franchir les barrières.
Je passai donc à la phase 2 de mon génial plan à 18 phases (un hommage à Mushu): faire le tour du Kremlin et en immortaliser toutes les tours. Je m'apprêtai à partir de la Porte de la Résurrection quand je fus arrêtée par quelques scènes singulières.
Première scène qui attira mon attention, deux jeunes hommes avec perchés sur leurs épaules de petits singes habillés de façon ridicule (le fait même d'habiller un animal est ridicule, c'est donc un pléonasme) et deux gros rapaces sur un perchoir. Ne croisant pas ce genre d'animaux tous les jours, je m'approchai pour les voir de plus près. Le spectacle de ces petits singes épouillant amoureusement la tête de leur maître avec leurs petites mains poilues me fit bien sourire. Quant aux rapaces, ils ne faisaient pas grand chose à part produire des fientes et essayer de mordre les doigts des très intelligents policiers qui s'amusaient à agiter les mains devant leur bec.
J'allais
me remettre en route quand une musique, probablement religieuse,
retentit. Mon attention se porta alors sur un homme qui resta figé au
moins 5
bonnes minutes, la tête penchée en avant devant la Porte. J'imagine
qu'il
priait mais c'était curieux de voir un être humain parfaitement
immobile quand
tout autour de lui continuait à s'agiter. Après l'avoir photographié
sans son
consentement et sans qu'il s'en aperçoive, je tombai cette fois sur des
mariés
qui prenaient la pose sur un truc en métal incrusté dans le sol. Je
dois passer pour une
hérétique en disant ça mais je n'ai pas la moindre idée de ce que ça
pouvait être.
Re-photo, et pas la peine de faire dans la discrétion, je passai
inaperçue
parmi la troupe qui les mitraillait (de photos, bien sûr).
Quand
la place du truc en métal fut libérée par le jeune couple, une jeune fille vint
s'y placer, resta immobile un petit moment (pour faire un voeu, je pense) puis
jeta une pièce par-dessus son épaule en riant. Un jour, je comprendrai
peut-être les coutumes russes :).
Tout
revint à la normale donc je me mis en route et commençai à photographier les
tours du Kremlin en débutant par les deux Tours Arsenalnaya. Ce circuit autour
du Kremlin me fit passer dans les jardins Alexandrovski où je croisai une
nouvelle fois des mariés.
En
longeant le Kremlin, je passai aussi devant la Tombe du Soldat Inconnu gardée
par trois jeunes soldats/militaires/policiers en armes parfaitement immobiles
(à tel point que je croyais que c'étaient des faux). Ce mémorial fut inauguré en
1967 et une flamme éternelle brûle au centre de la dalle pour tous les Russes
morts au cours de la Seconde Guerre Mondiale. Le corps d'un soldat est enterré
sous ce monument sur lequel on peut lire "Ton nom est inconnu, tes actes
sont immortels".
Dans le
parc, je m'amusai à photographier les moineaux, les militaires à
cheval, les
militaires pas à cheval, les arbres et les teintes des feuilles
d'automne. Je fis aussi un détour par la place du manège où le manège a
été reconverti en hall d'exposition. Sous la place a été construit un
centre commercial ultra-chicos et des fontaines et statues dignes de
Disneyland ont été ajoutées au bord du temple de la consommation. Tout
fout l'camp... ;)
Ayant parcouru la première face du Kremlin, je me retrouvai sur le quai Kremlevskaya sillonné par 6 à 8 voies de voitures et longeant la Moskova. Je continuai mon périple autour du Kremlin, m'arrêtant de temps à autre pour photographier l'autre rive. Je vis notamment un bâtiment de Rosneft (compagnie pétrolière et gazière russe) devant lequel trônaient au même rang les drapeaux de la Russie, de Moscou et de...Rosneft. Mouais.
Je
croisai quelques pêcheurs (ils ont bien la foi pour pêcher dans la Moskova mais
enfin). En continuant à marcher sur les quais, je pus voir derrière moi les
coupoles dorées de la Cathédrale du Christ-Sauveur.
Mon
regard fut ensuite aimanté par un bâtiment énorme comportant en façade la
faucille et le marteau réglementaires de toute construction soviétique qui se
respecte. Je me rappelai l'avoir vu en photo sur l'ordinateur des autres
Français qui m'avaient alors appris qu'il s'agissait d'un immeuble
d'habitation. Plutôt impressionnant comme truc. Enfin, vous jugerez par
vous-même quand je mettrai des photos du-dit bâtiment.
Après
être arrivée au pied de cet immense édifice blanc et un tantinet écrasant, je
m'aperçus que je ne savais absolument pas où j'étais et un vent glacial
commençait à congeler la goutte qui pendait au bout de mon nez. Mue par ma
sagesse légendaire, je décidai de me lancer à la recherche d'une station de
métro pour retourner dans mon nid douillet et plein de blattes.
Malheureusement, le module "sens de l'orientation" ne m'ayant pas
été implanté lors de ma naissance, je n'avais aucune idée de la direction à
prendre. Saisissant mon courage et mon parler russe à deux mains, je demandai mon
chemin à des pompistes qui officiaient non loin de mon lieu de perdition (je le
dis au sens figuré, hein). Ces individus m'indiquèrent d'une façon fort civile où je
me trouvais, où était la station de métro la plus proche et où je pouvais
traverser la route à 8 voies. Ils semblaient tellement serviables que j'aurais pu leur demander où je pourrais acheter du boudin blanc aux sardines à une heure du matin, ils auraient probablement tout fait pour me répondre. Je
les remerciai de mon sourire le plus Colgate et je repartis vers d'autres
horizons.
Arrivée à la station de métro, j'achetai un pirojok (petit pain fourré) au chou pour me
remettre d'aplomb et je décidai que j'avais besoin d'un nouveau sac qui me
permettrait de laver ma besace actuelle devenue noire de crasse. En y étant, je
réalisai que je n'étais pas encore allée à Dietski Mir (Le monde des enfants -
magasin qui, comme son nom l'indique, regroupe tout ce qu'il est possible de
trouver pour le bonheur des bambins). Je décidai donc de pousser jusqu'à
Loubianka (là où se trouve l'ancien bâtiment du KGB qui fait d'ailleurs front
au magasin Dietski Mir).
Après
m'être trompée trois fois de passage souterrain, je débouchai enfin devant les
lourdes portes de cet immense commerce. Comme prévu, l'intérieur a des allures
de Disneyland avec des boutiques en forme de château, des nounours géants, des
pluies de guirlandes lumineuses, des aquariums et une profusion de bonbons et
confiseries en tous genres. Cette ambiance sonnait un peu trop faux à mon goût,
surtout que cet univers factice fait face à un bâtiment où Dieu sait quelles
horreurs ont été perpétrées. Je ne m'attardai donc pas et fis juste un tour
rapide entre les échoppes-châteaux, trouvant au passage un sac qui me plaisait.
Je
retournai enfin à la station de métro, l'appareil photo rempli et les jambes
fatiguées. En sortant du métro, je fis un tour sur le marché qui se tient non
loin de la cité U. Je trouvai de mignonnes moufles tricotées par une grand-mère
et des radis géants dont je raffole puis retournai à ma chambrette (domino-minette ;P) pour vous
conter mes palpitantes aventures (en mode " je révise le passé simple
". Merci à ce site : )).
Edit: les photos de cette balade sont disponibles ici.
03 octobre 2006
Vélo - Rangez vos pédales
Se déplacer en vélo à Moscou est tout bonnement impensable pour de multiples raisons. On peut citer l'immensité des distances à parcourir quotidiennement, l'absence totale d'aménagements et les conditions climatiques extrêmes une bonne partie de l'année. En outre, à moins d'être totalement suicidaire, il vaut mieux ne pas côtoyer de trop près les automobilistes russes sachant qu'il est déjà assez dangereux d'être piéton.
Transports en commun - Efficaces mais communément bordéliques
Moscou. Une métropole de 12 millions d'êtres humains qui se déplacent quotidiennement et qu'il faut transporter. Pour cela, plusieurs moyens ont été mis en place.
Le métro...
...est le plus pratique, le plus monumental et aussi le plus emprunté des transports en commun moscovite. Très
utilisé parce que c'est le moyen le plus rapide (tout étant relatif, il faut compter deux bonnes heures traverser
Moscou) de se déplacer dans cette ville immense.
Les rames de métros sont vieilles et bruyantes mais l'attente entre deux trains est de 1 à 3 minutes en
période normale. Le premier métro passe aux alentours de 5h30 et le dernier vers 1h. Le prix du trajet est d'environ
10 roubles (30 cts d'euro), ce qui est bon marché comparativement aux prix français mais cher par rapport
à un billet de train (74 roubles - 2 euros, pour un trajet de 80 km en electrichka, équivalent du TER en encore moins
rapide).
Moscou aurait l'un des plus beaux
métros du monde. Certaines stations sont effectivement plus proches du palais ou du musée que de la station de
métro mais il ne faut pas s'imaginer que toutes ont cet aspect. Il y en a aussi beaucoup qui sont tout aussi
hideuses que celles du métro parisien avec des murs couverts de carreaux d'un goût douteux.
Bus, trolley, tramway
Existent mais sont à éviter car les informations concernant les horaires, les arrêts et les itinéraires
sont trop sommaires pour ne pas dire inexistantes. Les russes eux-mêmes empruntent finalement assez peu ces moyens de
transport.
Navettes gratuites
A prendre si on ne souffre pas de claustrophobie, si on aime les bains
de foule dans la population moscovite et si on a une bonne dose de
courage et de patience car la promiscuité dans ces bus est assez
étouffante, dans tous les sens du terme. Ceci est surtout vrai quand
l'un des voisins (qui se tient littéralement à nous ou, le cas échéant,
nous écrase contre une vitre ou une barre) est un alcoolique ou une
vieille dame avec une haleine de charogne et qu'il ou elle nous attrape
par les cheveux pour ne pas se casser la figure ou, autre variante tout
aussi douloureuse, nous enfonce la pointe de son parapluie dans le
pied...
Taxis collectifs
Moyen de transport assez agréable, ce sont des mini-bus aménagés avec une quinzaine de sièges. Ils
font souvent le même trajet que les navettes gratuites pour la somme fixe de 10 à 30 roubles (soit de 30 cts à
un peu moins d'un euro) quelle que soit la distance parcourue. Il n'y a pas vraiment d'horaires ni d'arrêts prédéfinis,
on peut demander au chauffeur de s'arrêter à peu près n'importe où. Comme dans tout moyen de transport
moscovite à 4 roues, prendre le taxi collectif correspond à quelques montées d'adrénaline mais peu à
peu, on s'habitue et la peur devient un peu moins forte.
02 octobre 2006
Lessive
Urgent. Cherche chaîne de Lavomatic pour implantation à Moscou, proximité cités U. Succès assuré auprès de la population étudiante.
Laver son linge ici signifie dans un premier temps retrouver le plaisir simple de la lessive à la main. Voici la recette version cité U:
- faire tremper le linge dans une bassine (quand on a la chance d'en avoir une...sinon, le trempage se fait dans le lavabo
lilliputien de la salle de bain sachant que ça va à tous les coups gêner les voisins qui auront besoin de se laver
les mains ou les dents pendant que le linge séjourne dans l'eau).
- essayer de rincer le mieux possible les vêtements complètement imbibés de lessive (forcément, n'ayant pas
tellement l'habitude de faire la lessive à la main, dans les premiers temps, le dosage de la poudre est totalement
inapproprié).
- tordre le linge pour tenter de l'essorer sans trop le déformer.
- pendre le linge mal essoré sur les fils à linge au dessus de la douche pour qu'il s'égoutte. Vérifier
auprès des voisins qu'ils n'ont pas besoin de prendre leur douche avant plusieurs heures.
- déplacer le linge dans votre chambre pour que vos voisins puissent prendre leur douche, laisser sécher
complètement pour vous apercevoir que l'eau a laissé des auréoles marrons sur les parties claires des
vêtements ou qu'il reste de grosses traces blanches de lessive sur le linge sombre.
- relaver une deuxième fois le linge selon la démarche précédente.
Après quelques temps ici, on a la confirmation que les Lavomatics n'existent pas en Russie puis finalement, il s'avère qu'il y a une laverie salvatrice dans les sous-sols de la résidence. Pour être plus précise, ce sont 3 machines à laver, un bureau et un étudiant dans une toute petite pièce entre les caves et les débarras. Le principe n'est pas tout à fait le même que celui des laveries en France: on donne son linge sale au responsable (l'étudiant susnommé). Il s'occupe de le mettre dans la machine et d'ajouter la lessive (comprise dans le prix). Il demande ensuite de payer 60 roubles pour une machine (environ 1 euro 75 cts) s'il est moins de 16h et 70 roubles (2 euros) après 16h puis dit à quelle heure revenir chercher le linge lavé. Cette laverie est ouverte à partir du 15 septembre du vendredi au dimanche, de 12 à 20h.
Etages - Le 7ème ciel est au 8ème
La numérotation russe des étages est différente de celle en France. Le rez-de-chaussée français est le premier étage en Russie puis le 2ème correspond en fait au 3ème, etc.
01 octobre 2006
Accident - Protéger-Alerter-Secourir... Pourquoi "protéger" ?
En cas d'accident, même pour un simple accrochage (je n'ai pas encore vu d'autres accidents que des accrochages d'ailleurs), les russes laissent tout dans l'état exact en attendant l'arrivée de la DPC (police routière), quel que soit le lieu de l'accident en question. Il n'est donc pas rare de voir deux voitures qui se sont embouties rester pendant une bonne heure au milieu de la chaussée et ce, même sur l'autoroute. Le prévention routière française s'arracherait les cheveux vu que le risque de suraccident ne semble pas effleurer l'esprit russe.

















